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Chronique d’un ennui cinématographique

Or donc. Hier, une de nos premières soirées en célibataires (enfin) s’est conclue par un regardage de film. Ma Douce voulait voir le P’tit Quinquin, mais —boulette de moi —je l’avais enlevé de la Boitàvidz. Promettant de l’y remettre « hé-èsse-hey-pi1 », on a un peu hésité entre Grand Budapest Hotel et Her. Va pour Her.

C’était mon deuxième film de Spike Jonze. J’avais vraiment adoré Being John Malkovich, à tout les niveaux. Et on m’avait tellement dit de bien de Her, que c’est en toute confiance qu’on a lancé la vidélo.

On a arrêté quelque part entre le dernier tiers et le dernier quart. Il n’était pas tard, à peine 22 heures, ce n’est donc pas la fatigue qui nous a terrassés. Non, c’est l’ennui.

À décharge pour le réalisateur, l’image, la lumière et, surtout, le parti pris esthétique nous ont beaucoup plu. Et puis j’adore Joachim Phoenix. Il pourrait tourner dans une pub pour le saucisson que je le trouverai toujours aussi génial. Donc même avec sa moustache improbable et ses lunettes de hipster non assumé2, je le trouve toujours excellent.

Mais c’est tout.

Les turpitudes amoureuses d’un bobo hyperurbain américain se laissant vivre au crochet affectif de la voix de Scarlett Johansson (dont on ne croit pas une seconde au rôle d’Intelligence Artificielle) sont d’un ennui mortel. Aucun des personnages ne dégage assez d’affects pour qu’on parvienne à s’identifier à lui, la notion d’anticipation n’est qu’un prétexte vite balayé pour une bluette mollassonne.

Et même le sujet pourtant intéressant de la solitude du pseudo-geek hyper connecté semble à peine intéresser le réalisateur.

D’où, à l’abandon du film, notre légitime question : pourquoi ce film ?

Et la réponse lapidaire, qui fait qu’on ne ressent même pas le besoin de voir la fin : on s’en fout.

Et puis, il y a des sujets plus graves, dans la vie. Par exemple, tandis que je tapote cet article, j’entends au loin les « pan-pan ! » inquiétants des abrutis de la gâchette qui se défoulent dans nos si jolies campagnes. Voilà une problématique qui m’effraie chaque saison ; comment se fait-il qu’au XXIe siècle une troupe de gens à l’esprit moyenâgeux puisse encore se promener en toute liberté avec une arme à feu en légitimant cela sous le couvert —imbécile— qu’il s’agit d’un loisir ou qu’ils font œuvre de régulation de la faune animale. Si régulation il y a, ce serait la noyade du chasseur dès la naissance.

Mais je m’égare. Mais je les conchie quand même.

Ah, et ce soir, on va sans doute se rattraper avec le P’tit Quinquin.

Et le retour du Docteur.

Enfin.


  1. ASAP pour les anglophobes, dès que possible.

  2. Vu qu’il n’a que la moustache et pas le reste.

Dans les épisodes précédents… AECom-422 - La sphère reconfigurable Petite liste de lecture arbitraire en SFF
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