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Les scribes modernes

Il y a eu cette mode, il y a encore assez peu de temps où on nous parlait avec une lueur d’admiration dans les yeux, de gens écrivant des romans sur leurs iFônes et autres machins à claviers virtuels. Cela m’a toujours laissé perplexe.

Je suis un vieux de la vieille (mais aussi de la veille) qui, lorsqu’on parle d’écrire, pense d’abord et avant tout au cahier et au stylo. Écrire sur un ordi est pourtant une activité que je pratique depuis assez longtemps.

Maintenant que j’essaye d’obtenir un rythme d’écriture sain (objectif totalement utopique), je suis partagé entre ces deux modes d’écriture.

Pour d’obscures raisons que je laisse le soin d’expliquer au premier psy venu –si ça l’amuse, les Nouvelles à la Carte, ainsi que d’autres projets comme le Walrus Institude II ou le projet QuantPunk sont écrits à la plume sur un grand cahier A4 (et, bien entendu retapés après, faut pas déconner), alors que d’autres textes, comme les aventures de Griot sur Radius, ou les Microphémérides, sont directement écrits sur Focus Writer.

Mais, écrire un texte un peu long sur une tablette (je le parle même pas d’un smartphone) ? Inconcevable, pour moi.

J’ai pourtant tenté plusieurs fois l’exercice. Je suis d’ailleurs en ce moment même en train de le faire ; je tape ceci sur ma tablette Nexus 7. Mais pas en utilisant le clavier virtuel sur l’écran (qui pourtant est l’excellent Swiftkey, que je recommande chaudement à tout possesseur d’un machin tournant sous Android). Non, j’écris avec un clavier Bluetooth.

Vous me direz, alors tu vois bien ! C’est donc possible.

À quoi je vous répondrai, certe, mais alors quelle est la différence avec un ordinateur portable ? Il y en a peu à l’arrivée, et elle joue en faveur de l’ordinateur ; meilleure autonomie, clavier plus confortable et complet, logiciels plus fiables et complets, je peux passer mon texte à Antidote, et je sais où sont stockés mes fichiers.

Vous me direz alors, mais t’es chiant avec des points de détail, et puis d’abord ton test est bidon puisque tu ne veux même pas essayer d’écrire sans clavier mécanique.

À quoi je vous répondrai, tout à fait, vous avez mis le doigt dessus : non, je n’ai pas envie d’écrire sur un clavier virtuel, ça me gonfle à l’avance.

J’ajouterai, et d’abord qui êtes-vous et comment êtes-vous entré chez moi ?

Bref, tout ça pour dire que je suis loin d’être admiratif de cet exploit anti-ergonomique qui consiste à écrire (et j’entends bien écrire et non pas rédiger un SMS auto-corrigé par le prédictif de l’appareil ou raconter son petit-dej sur Facebook dans un français aléatoire) sur un appareil qui n’est pas conçu pour.

Le meilleur traitement de texte reste pour moi l’encre et la cellulose dont l’alchimie a toujours permis, le long de l’histoire, de produire les plus beaux récits de l’imaginaire (et quelques recettes de cuisine proches du divin, mais c’est une autre histoire).

Nota bene : si, écrire cet article sur la tabette a été définitivement pénible.

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